Le premier 100 000$ est le plus difficile!

J’ai repris le titre de l’article de J. Money du blogue budgetsaresexy ainsi que l’idée générale de son article parce qu’il est complètement en ligne avec mon expérience personnelle sur la question. Je me suis absolument retrouvée dans ce qu’il a écrit parce qu’il l’a vécu, tout comme moi. Nous savons de ce fait que c’est vrai!

Je fais partie de la classe moyenne. Je ne suis certainement pas pauvre, mais certainement pas riche non plus, bien que le fait de ne pas avoir de dettes (à part mon hypothèque) me fasse sentir évidemment très riche si je me compare aux autres, ou même à moi-même il y a de cela une dizaine d’années!

Pour quelqu’un comme nous, les gens qui faisons partie de la classe moyenne, je pense qu’arriver à mettre de côté les premiers 100 000$ représente le meilleur objectif à atteindre, celui qui représente le vrai défi. C’est vrai, on ne peut pas atteindre un million ou un milliard de dollars, si évidemment tel est l’objectif, sans d’abord avoir réussi à passer la marque des 1 000$, 10 000$ et 100 000$.

Mettre en place des objectifs clairs et un plan pour les atteindre signifie qu'une belle récompense est en chemin!
La récompense s’en vient! 🙂

Encore plus que cela : Arriver à mettre 100 000$ de côté nécessite une refonte complète de ses finances et donc de son état d’esprit. Il faut passer littéralement de l’état d’inconscience latente dans laquelle nous sommes plongés à la mise en place d’objectifs concrets et d’un plan à long terme.

Pour se rendre là il faut en plus au préalable aussi avoir fait le travail de se rendre compte à quel point il faut agir pour rétablir sa situation financière. Si vous lisez ce blogue en passant, c’est que vous êtes définitivement sur la bonne voie et que vous avez de toute évidence décidé de bouger pour y arriver!

Il m’a fallu personnellement plusieurs décennies de vie insouciante, jusqu’à l’âge de 28 ans pour être précise, et une décennie de plus beaucoup moins sympathique qui m’a amené jusqu’au divorce, pour enfin commencer à me dire que quelque chose clochait sérieusement dans mes finances et pour agir concrètement afin de redresser la barre. Je vous rassure, c’est difficile mais c’est tout à fait faisable, j’en suis la preuve!

Cela fait à peine 12 ans que je me suis complètement réveillée. Et le fait de « dormir au gaz » comme on le dit si bien au Québec, n’a rien à voir avec son niveau d’intelligence.

Mes jeunes années… Même pas proche des 100 000$!

Et pourtant j’avais toutes les conditions gagnantes pour arriver à mettre 100 000$ de côté. J’ai fait plusieurs années d’études universitaires pendant lesquelles je vivais pleinement avec peu. J’ai eu beaucoup de chance. Mes parents m’ont aidé financièrement et je n’avais pas de dettes. J’ai ensuite réussi à décrocher un superbe emploi dans une entreprise de consultation internationale. Je voyageais de par le monde en travaillant à contrats tout en étant salariée, et pour un excellent salaire par-dessus le marché.

Mon appartement était meublé et le loyé était payé, j’avais ce qu’on appelle un « per diem », donc une somme d’argent quotidienne pour mes repas et mes dépenses courantes; cela veut dire que je n’avais même pas à dépenser mon salaire. De plus j’avais plusieurs billets d’avion par année qui me permettaient de rentrer chez moi régulièrement, encore que je n’avais pas vraiment de « chez moi » à l’époque. Du coup j’en profitais pour prendre mes vacances ailleurs que là où je travaillais. J’étais absolument gâtée, pourrie par la vie. Je l’admets.

C’était le bon temps. Pas d’enfants, pas de conjoint, pas d’obligation. C’était comme revivre l’adolescence mais avec beaucoup plus de moyens!

Et qu’est-ce que j’ai conservé de cette période divine? Des souvenirs. De superbes souvenirs, des moments de vie mémorables, des expériences géniales, des amis qui le sont encore aujourd’hui et qui le resteront à vie. Mais c’est tout. Je n’ai pas mis un dollar de côté pendant cette période d’âge d’or. Je n’avais pas de dettes, mais pas d’argent en surplus non plus. J’avais en tête de m’amuser. Je travaillais fort, et je m’amusais et dépensais encore plus fort!

Mes années de mariage… Encore plus loin des 100 000$!

C’est alors que j’ai rencontré celui qui est devenu mon ex après 10 ans et 2 enfants. Les enfants ont été un vrai déclencheur pour moi. Tant qu’il n’y avait que moi et mon ex je ne me souciais pas de nos finances. Quand les enfants sont arrivés j’ai commencé à penser à eux, à me renseigner sur leur avenir et cela incluait leur avenir financier. Autant mon équilibre financier n’était pas du tout l’une de mes priorités, autant le leur signifiait tout pour moi. Mon ex n’a jamais eu cette prise de conscience. Il a continué à boire, à s’amuser, à dépenser sans compter.

En fait la différence était là : Je n’ai jamais eu de dettes parce que je n’ai jamais dépensé plus que je n’ai gagné. Ce n’était pas le cas de mon ex. À cause de ses frasques financières nous nous sommes endettés conjointement. En fait il était déjà endetté quand je l’ai rencontré, j’ai épongé ses dettes, soit 40 000$ en prenant un prêt et nous avons continué à creuser notre trou davantage à partir de là. Je pense que vous serez d’accord avec moi, les 100 000$ étaient encore bien moins atteignables à cette époque, mais de toute façon ce n’était toujours pas un objectif.

Pour couronner le tout j’ai perdu mon super emploi à mon retour de maternité quand l’entreprise pour laquelle je travaillais a fermé ses portes à Montréal. Je n’étais plus capable de les suivre, j’étais mariée et avec un enfant. Cela faisait déjà un an que j’étais en congé de maternité (donc avec un revenu de chômeur) et que nous avions des difficultés à payer nos dettes et nos factures, mais pourtant on payait toujours pour être abonné chez Vidéotron et on allait au restaurant régulièrement. À y repenser j’en ai le vertige…

J’ai ouvert un compte REEE pour les enfants, parce que je voulais absolument qu’ils aient de l’argent pour leurs études et je ne voyais pas comment cela pourrait arriver avec notre train de vie. À l’époque je ne mettais que 20$ par mois dedans, mais l’important c’était de commencer et de ne pas lâcher.

C’est alors que j’ai eu une vraie prise de conscience. 20$ dans les REEE, j’avais de la misère à dégager cet argent alors que quelques années plus tôt je faisais la Grande Vie??! Je me suis engagée à comprendre ce qui se passait quand j’ai réalisé à quel point nos finances allaient mal. Pire que ça, elles allaient de mal en pire!

Ma prise de conscience a amené le cheminement suivant :

Je suis passée au travers de toutes nos dépenses, une par une, pour déterminer où allait notre argent, et pourquoi

J’ai fait des découvertes incroyables, notamment les nombreux restaurants et le fait de payer pour le câble alors que nous ne pouvions vraiment pas nous le permettre raisonnablement.

J’ai réduit mon style de vie et commencé à mettre de l’argent de côté

J’ai travaillé à rembourser nos dettes une à une. C’est à cette époque que, même si je n’avais pas l’idée de mettre la somme de 100 000$ de côté (je pense d’ailleurs que le montant lui même m’aurait fait peur) j’ai compris qu’il fallait que je pense à notre avenir.

J’ai pris des arrangements avec Hydro et Bell pour pouvoir rembourser avec un plan. Les deux entreprises ont montré beaucoup de compréhension. Je n’oublierai jamais la dose d’humilité que ça m’a pris d’appeler pour dire que nous n’avions pas les moyens de payer nos factures et que je voulais voir si on pouvait prendre une entente. Notez bien que les entreprises préfèrent qu’on les appelle et que l’on soit transparent avec elles plutôt que de réaliser par elles-mêmes que leurs abonnés sont de mauvais payeurs.

Je me rappelle l’avoir fait par réflexe, parce que je n’aime pas devoir de l’argent, parce que je me disais que je n’aimerais pas être dans la position de celui à qui on doit.

Hydro et Bell m’ont toutes les deux dit que j’avais eu raison d’appeler pour éviter les conséquences sur le dossier de crédit et pour conserver de bonnes relations donc si vous êtes dans une situation similaire, même si c’est désagréable et que cela fait mal à l’égo essayez de ne pas trop y penser, appelez vos créanciers avant qu’ils ne s’en chargent, vous n’en sortirez que grandi!

Notez bien ici que je dis « Je » parce que mon ex n’a jamais embarqué avec moi, que ce soit dans le REEE (même à ce jour) ou dans le remboursement de nos dettes.

Mon ex avait un emploi précaire et moi je venais de perdre le mien après une année de congé parental sur le chômage. Au moins j’ai eu droit à un package pour licenciement qui nous a permis de rester à flots.

J’ai fini par me trouver un contrat avec un chasseur de têtes qui depuis est devenu un Ami, quelqu’un sur qui j’ai toujours pu compter et qui a compris la situation dans laquelle nous étions. Croyez moi, les chasseurs de tête qui ne sont pas avides d’argent sont extrêment rares sur le marché! Ici aussi j’ai eu beaucoup de chance.

En parallèle, pour faire plus d’argent, je suis devenue Power Seller sur eBay en revendant des billets de spectacles; j’étais une sorte de scalper virtuel. Ça payait plutôt bien. J’achetais des billets de spectacles avec ma carte de crédit et je les revendais sur eBay avec un bon profit avant de devoir la rembourser.

J’avais ainsi plusieurs autres petites façons de faire de l’argent sur le net par le biais d’affiliations. Il fallait que je me sorte de ce trou! Le chemin vers l’épargne et les 100 000$ commençait vraiment à être très bien défini, même si le montant n’était toujours pas clair.

J’ai arrêté le tout dès que les rentrées d’argent de mon contrat de l’époque m’ont permis de ralentir un peu car je m’occupais des enfants en même temps. J’avais également fini par demander le divorce, qui se passait vraiment très mal. Heureusement que nous nous entendons mieux aujourd’hui…

La maison avait besoin de réparations, notamment le toit devait être refait et l’installation d’un insert pour les rudes hivers québécois n’était vraiment pas un luxe. Il neigeait dans la maison par le conduit de la cheminée, la trappe étant brisée depuis toujours mais l’inspecteur ne l’avait pas vu donc ça n’a jamais fait partie du rapport d’inspection. Quand ça va mal…

Je me suis occupée des réparations en mettant les priorités au plus pressé. Le toit d’abord, plus de 7 000$ que j’avais financé avec un prêt sans intérêt, l’insert ensuite à presque 4 000$ (installé) que j’avais mis sur ma carte de crédit et remboursé en totalité le moment venu.

Bref, j’ai remis de l’ordre dans ma vie et dans mes finances. Je suis revenue dans le positif question finances, mais je ne m’en suis pas tenue là. C’est à ce moment que, ne vivant plus avec mon ex, j’ai pu enfin vraiment mettre de l’argent de côté.

Au début je me suis contentée d’épargner sur un compte d’épargne Tangerine, ING Direct à l’époque. Je regardais le montant grossir chaque mois et avec lui mon niveau de confiance envers la vie et mon futur. J’ai ainsi accumulé un peu d’argent dans un fonds d’urgence qui m’a enfin permis de dormir sur mes deux oreilles. Est-ce que je pensais vraiment à 100 000$? Certainement pas encore, mais je voyais certainement la lumière au fond du tunnel et ça m’a donné des ailes!

Et ensuite… Je me suis mise à investir!

J’ai bien compris ensuite que cela n’avait pas de sens de continuer de laisser mon argent dans un compte d’épargne à 3% d’intérêt (à l’époque), donc j’ai commencé à m’intéresser aux placements en bourse, mais c’était trop risqué pour moi. J’ai lu beaucoup à ce sujet et j’ai commencé par placer 1 000$. C’était aussi rentable mais trop demandant (j’essayais de tout analyser), et cela me stressait trop.

Il faut savoir qu’au travers de tout ceci j’étais seule avec les deux enfants, ma famille directe étant en Europe et celle de mon ex ne voulait rien savoir de moi, et je le leur rendais bien. Je ne voulais pas inquiéter mes parents donc je ne leur ai rien dit de ma situation réelle mais je peux vous dire que ce n’étais pas facile entre l’école, les repas, les devoirs, les bains, le travail et la vie de tous les jours. En plus j’avais promis à mon ex que je ne lui demanderais jamais de pension, même si celle-ci m’était due légalement car j’avais les enfants à charge à temps plein. J’avais tellement hâte de reprendre les rênes de ma vie! La liberté n’a pas de prix, je le sais parce que je l’ai vécu et je ne le regrette absolument pas!

Ensuite je suis passée aux fonds d’investissement proposés par Tangerine, qui m’apportaient beaucoup plus de stabilité et de tranquillité d’esprit.

La recette pour atteindre les premiers 100 000$

À partir de ce moment là je n’ai plus jamais regardé en arrière. La méthode est simple, et je l’utilise encore à ce jour :

  1. Gagner sa vie
  2. Dépenser sur l’essentiel
  3. Maintenir un fonds d’urgence
  4. Investir le reste
  5. Et recommencer

Tout cela prend beaucoup de temps. Le temps est l’élément le plus important dans l’équation.

Une fois que le plan est en place et que la routine s’installe, les choses commencent à devenir plus faciles. Ce qui paraissait inatteignable au point que l’on ne l’imagine même pas, commence à devenir une possibilité de plus en plus tangible.

On finit par atteindre son seuil de rentabilité soit 0$, puis on franchit les 1 000$ d’économies, puis les 10 000$ (je me rappelle encore ce sentiment de profonde joie et de quiétude!) Et puis 20 000$, 50 000$, 75 000$, et enfin… 100 000$!!

Je vous le dis. C’est vraiment la marque des 100 000$ qui est la plus difficile à atteindre. C’est le vrai objectif qu’il faut se donner. Voir assez grand pour que ce soit un vrai défi, mais pas trop grand pour que ça ne paraisse pas insurmontable.

Une fois que cette marque est atteinte, on a plus d’argent pour faire de l’argent, et cela devient donc plus facile.

La prochaine étape devient les 500 000$ et ensuite bien sûr le Grand Club du million de dollars, et plus si on le souhaite.

Avec un million de dollars on ne fait pas grand-chose de nos jours, comparé à ce qu’on pouvait en faire il y a juste quelques années, mais il est clair que j’adorerais me rendre là. J’ai divorcé en 2008, cela fait donc 12 ans maintenant que je suis sur le chemin de la liberté. Je ne suis pas rendue. Avec le divorce j’ai du réhypothéquer la maison pour verser à mon ex la somme de 50 000$, juste pour avoir la paix. Est-ce que je vous ai dit que la liberté n’avait pas de prix? 😉

La vie est devenue belle et la routine devient si facile au fil du temps que l’on n’a plus besoin d’y penser, même si je ne perds pas de vue mes objectifs et que je les mets en place tous les ans, année après année. Aujourd’hui je me mets vraiment à envisager prendre ma retraite à 55 ans, même si ça non plus ce n’est pas gagné. Avec les enfants à charge c’est certainement plus compliqué.

Tout le travail et tous les efforts à faire se passent entre la prise de conscience et le premier 100 000$. Tout est là! Le reste a lieu avec l’apprentissage et les ajustements au fur et à mesure que l’on apprend. Et on peut même changer de stratégie au cours du processus. L’important est de se réveiller, de faire sa prise de conscience. Une fois que l’on est dans le bon état d’esprit, il suffit de continuer à nourrir la flamme et de laisser le temps (et aussi parfois la chance) prendre le relai.

Si vous êtes déjà rendu au 100 000$ ou plus, Félicitations! Vous avez fait le plus dur. Si ce n’est pas le cas, ne vous inquiétez pas: Je vous confirme que vous êtes sur la bonne voie!

N’oubliez pas le plus important: En fin de compte, il s’agit simplement d’un processus à mettre en place, et ensuite de l’appliquer à la lettre. L’important c’est de commencer, et de persévérer!

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