Coronavirus, Récession… Rollercoaster!

Les effets du coronavirus sur le Québec, sur ma famille et sur moi-même

Coronavirus… Un mot qui, jusqu’à il y a quelques semaines, n’était pas dans notre vocabulaire, à part pour quelques élus… J’écris dans une période de crise, en me disant que je reviendrai lire ces mots dans quelques mois, et pourquoi pas dans quelques années, pour me remémorer dans quel état d’esprit j’étais et j’espère aussi peut-être sourire parce que la situation n’était en fait pas aussi catastrophique qu’elle n’en avait l’air…

C’est au moins un des avantages d’avoir un blogue. On peut s’épancher, partager, et ainsi décrire sa situation avec la possibilité de revenir plus tard et de relire son témoignage sur les évènements vécus.

Pourtant je m’étais dit que j’allais garder Être et avoirs aussi neutre que possible, tout en restant moi-même bien sûr, dans le but d’éviter de le teinter avec mes propres idées. Je réalise maintenant que c’était bien naïf de ma part de penser que cela aurait pu fonctionner. Après tout, c’est un endroit qui me permet d’exprimer mes idées avant tout. Libre à vous de me lire ou non, et d’échanger avec moi… Ou non.

Situation du coronavirus au Québec

Au moment où j’écris ces mots le Québec, et le reste du monde aussi bien sûr, n’a aucune idée où nous nous en allons avec la pandémie du coronavirus. Par contre nous avons observé ce qu’il se passait autour de nous. Riche de l’expérience des autres, et notamment celle de la Chine et de l’Italie, nous avons réagi beaucoup plus rapidement et responsablement que les premiers pays touchés. Certains diront qu’on aurait du réagir encore plus vite. Ce qui est fait est fait. Pour un statut à jour de l’évolution de la situation au Québec, rendez vous sur le site de la province.

L’employeur pour qui je travaille a recommandé que l’on reste à la maison, ce qui est ok pour moi puisque je peux faire du télétravail sans problème dans ma profession. Cela tombe bien puisque les écoles sont fermées pour les 14 prochains jours et que mon fils sera donc lui aussi à la maison. Je suis chanceuse, je le sais. Ce n’est pas le cas de tout le monde.

La bourse dégringole, la Banque du Canada a annoncé deux baisses du taux directeur en l’espace d’une semaine, il y a de grandes chances pour que des gens perdent leur emploi, malgré le support du gouvernement, puisque jusqu’aux petits commerçants locaux sont touchés… Les rassemblements de plus de 250 personnes sont interdits. Nous sommes vraiment dans une période très difficile. Jeudi dernier mon employeur a annoncé qu’il suivait les mesures du gouvernement pour tenter de stopper la pandémie le plus rapidement possible. C’est alors que j’ai compris que j’allais rentrer chez moi et probablement ne plus voir mes collègues pendant les 2 prochaines semaines, au moins.

Impacts du coronavirus à la maison

Je devais aller à une game de hockey jeudi soir, le Canadien devait jouer contre les Panthères de la Floride mais on a appris cette même journée que tous les matchs de la LNH étaient suspendus jusqu’à nouvel ordre. Effectivement, se retrouver dans un stade avec environ 25,000 personnes alors qu’on est en pleine crise de coronavirus n’est certainement pas une bonne idée! C’est sûr, certains pourraient même dire que de toute façon le Canadien n’a aucune chance de se retrouver en série cette année, mais je suis une fan invétérée donc ce n’est pas ça qui m’aurait arrêté.

J’avais préparé une surprise pour Bob, c’est son anniversaire bientôt et tous mes plans sont tombés à l’eau. J’avais prévu de prendre deux jours de congé pour que l’on s’évade lui et moi en amoureux. J’ai tout annulé jusqu’à nouvel ordre. On se reprendra plus tard. Au moins nous sommes arrivés à un âge où l’on a la sagesse de comprendre.

Bob n’est plus en mesure d’aller voir sa maman, qui a plus de 85 ans, parce que nous ne sommes plus autorisés à aller visiter nos vieux parents dans les maisons de retraite afin de les protéger contre le coronavirus.

Mon ex est parti en vacances avec sa blonde et revient demain, si les frontières sont encore ouvertes bien sûr. Suivant les directives il doit se mettre en quarantaine pendant 14 jours, ce qui veut dire qu’il ne verra pas les enfants pendant cette période. Étant donné que les magasins ont été mis à sac je ne suis même pas certaine qu’il va pouvoir faire son épicerie à son retour. Celle-ci je la comprends encore moins que les autres… Pourquoi est-ce que les gens au Canada et au Japon se sont rués sur le papier toilette? Et la période de quarantaine du coronavirus n’étant que de 14 jours, pourquoi faire des provisions pendant des mois?

Mon fils devait partir faire deux séjours aux états unis en avril et en mai avec son école. Les deux séjours ont été annulés parce que Donald Trump a fini par déclarer l’état d’urgence aux États-Unis.

Ma fille devait se trouver un emploi parce que son employeur a encore réduit ses heures, elle ne travaille plus qu’une seule journée par semaine. Avec ce qu’il se passe je ne sais plus si je dois lui demander de chercher un emploi malgré tout, ou rester à la maison pour le moment.

C’est absolument surréaliste et ça a absolument tous les airs d’un scénario catastrophe d’un film de série B… Et pourtant c’est vraiment ce que nous vivons aujourd’hui.

Je suis rentrée à la maison jeudi soir triste et désillusionnée… J’ai acheté le soir même un nouveau routeur pour la maison, plus performant parce que nous allons tous être à la maison pour les 14 prochains jours, au moins.

Le coronavirus et moi…

J’ai travaillé sans trop de problème de motivation vendredi, de chez moi. Je ne sais pas si ça va durer parce que je n’aime plus travailler à partir de la maison, alors qu’avant j’adorais ça?

Je ne veux plus regarder mes placements, qui sont en chute libre. Par contre je vois aussi cette situation comme un moyen de faire de bonnes affaires en bourse malgré tout, donc je continue d’acheter par le biais de Wealthsimple sur qui je vais écrire une revue prochainement.

En passant c’est la première fois que les conseillers robots, qui sont une invention relativement nouvelle, vont passer au travers d’une période de récession. Ils n’existaient pas encore en 2008. Mon côté émotionnel me dit que c’est fou de faire confiance à un système qui n’a jamais encore fait ses preuves en temps de crise, et mon côté rationnel me dit de sauter sur l’occasion et d’acheter. Bien sûr il faut les fonds pour cela. L’important est surtout de ne pas vendre, à moins d’avoir un plan solide, mais qu’en est-il des retraités qui n’ont pas d’autres sources de revenus que leurs placements?… Ces mêmes personnes qui d’ailleurs, si elles ont atteint l’âge de 70 ans, sont également à risque de succomber au COVID19…

Je pense avec morosité à mes placements qui fondent comme neige au soleil et je pense à mes plans de retraite qui risquent potentiellement d’être impactés pour le pire. J’ai prévu de quitter le monde du travail comme je le connais aujourd’hui, c’est-à-dire le travail à temps plein dans un bureau, dans 4 ans. Qui me dit que mes placements auront tout repris d’ici là?

Ah oui, justement. Mon conseiller financier, que j’avais prévu de remercier il y a quelques temps déjà au profit des robots conseillers (qui décidément coûtent beaucoup moins cher) n’a pas protégé mes placements REEE, ce qui fait qu’ils ont pris une méchante débarque. J’aimerais bien blâmer mon manque de proaction sur le mauvais sort mais je sais que l’erreur est vraiment mienne. J’aurais du m’en occuper bien avant… On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.

Soit, ma fille n’a pas encore décidé si elle va faire des études et je n’arrive toujours pas à la convaincre donc ce n’est pas si grave mais l’argent aurait du être placé de façon beaucoup plus conservateur étant donné qu’elle a 18 ans. En plus les frais de gestion sont au dessus de 2%, que je dois payer si les placements sont profitables ou non. En d’autres termes j’ai réalisé que les 150$ que je mets dans le REEE des enfants chaque mois servent uniquement à engraisser les gestionnaires de fonds… Je suis amère juste à y penser.

J’avais déjà dit à mon conseiller financier que les frais de gestion étaient trop élevés et que je pensais à d’autres placements moins couteux mais je ne suis jamais passée à l’acte. Mea culpa…

Aujourd’hui est une journée de « J’aurais dû… J’aurais donc dû… »… Je déteste me sentir ainsi. Le pire est que je ne peux pas vraiment agir pour le moment. Vendre n’est pas une option, pas dans cette situation… Donc on suit le cours. Je place l’argent que j’ai avec Wealthsimple et j’attends que la situation remonte pour éventuellement réorganiser mes placements.

La question qui hante tout le monde: Combien de temps cela va t-il durer? Franchement je n’en ai aucune idée mais une chose est certaine, je vais garder le cap. De toute facon il n’y a rien d’autre à faire. Je vais continuer à faire ce que je fais, c’est-à-dire:

  1. Payer mes factures et mon hypothèque à temps
  2. Continuer à monitorer mes dépenses, je continue mon défi zéro dépense
  3. Continuer à donner, recycler, et peut-être enfin me mettre à vendre, bref, désencombrer mon espace vie. Pour le premier article de la série, se rendre sur désencombrement janvier 2020
  4. Continuer à placer mon argent mais garder une bonne partie de liquidités pour ne pas éventuellement être forcée à vendre trop tôt

C’est clair, nous sommes en plein début de récession. Certes, nous l’avions vu venir, mais personne n’avait prévu qu’elle serait doublée et empirée par l’arrivée du coronavirus. Il n’y a pas grand chose à faire aujourd’hui à part serrer les dents et garder le cap. 2020 est une année qui a à peine commencé et qui s’avère vraiment difficile, mais je pense qu’elle va être à la source de superbes moments futurs. Le moral n’est pas au beau fixe aujourd’hui mais je peux rationnaliser le tout. Et puis je me sens mieux maintenant que j’ai pu m’exprimer et dire le fond de ma pensée sur Être et avoirs.

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